Cité de Carcassonne

Carcassonne : Ville fortifiée

La cité de Carcassonne est une des plus grandes forteresses d’Europe. Moins étendue que celle d’Avignon, mais d’origine plus ancienne, et plus variée dans ses dispositions; Carcassonne est également plus homogène architecturalement que sa contemporaine d’Aigues-Mortes. La ville eut une histoire militaire mouvementée et subit de nombreux sièges.

vue d'ensemble de la cité de Carcassonne

Les murs de la cité dominés par la cathédrale Saint-Nazaire et le château central. Les toitures des tours couvertes d’ardoises au XIXe siècle, sont peu à peu restaurées avec des tuiles roses.

Longtemps imprenable, elle passa au cours des siècles dans les mains des partis les plus divers, qui à chaque fois en améliorèrent l’efficacité défensive. Camp retranché des Romains, repris par les Wisigoths, elle fut finalement conquise par les Francs au VIIIe siècle. Puis l’orgueilleuse famille locale des Trencavel en fit la capitale d’un comté et une place forte albigeoise. En 1208, les croisés du nord, répondant à l’appel à la croisade contre les hérétiques du pape Innocent III, assiégèrent Carcassonne. Elle fut réduite au bout de quinze jours, en plein mois d’août, par manque d’eau. Confiée à Simon de Montfort, seigneur venu d’Île-de-France, croisé farouche adversaire des hérétiques, elle devint en 1228 une forteresse royale. De Saint Louis à Philippe le Hardi les souverains ne cesseront de la reconstruire et de la fortifier.

cathédrale Saint-Nazaire, cité de Carcassonne

Vue de détail de la cathédrale Saint-Nazaire, d’origine romane du XIe siècle, qui a introduit l’art gothique dans le Midi de la France avec la rénovation de Viollet-le-Duc.

Le château comtal, à l’origine palais des vicomtes, subit sa transformation en citadelle. On reconstitua les « hourds », plates-formes de charpente permettant de laisser tomber des projectiles sur l’assaillant au pied du mur. Les tours s’élargissent à la base; c’est le « fruit », destiné à rendre le travail de sape plus difficile et à disperser, par des ricochets meurtriers, les projectiles lancés des hourds.

La porte Narbonnaise, entrée principale de la ville, est solidement défendue par deux tours munies d’éperons propres à dévier les coups du bélier ; leurs archères basses permettent le tir de l’arbalète dont l’emploi se généralisa sous Philippe le Hardi (1270-1285).

Porte Narbonnaise, cité de Carcassonne

La Porte Narbonnaise date du XIIIe siècle, son nom vient du fait de son orientation géographique vers Narbonne.

Chaque tour de l’enceinte devait donc être autonome, capable de soutenir un siège. Ainsi le château comtal et la tour de la Vade possèdent chacun leur puits, leur four à pain, leurs cheminées et leurs latrines. L’ennemi parvenant à la première enceinte n’était pas victorieux pour autant. Il était en effet à découvert face aux tirs des défenseurs de la deuxième enceinte, plus élevée et exposée aux fureurs des cavaliers qui pouvaient débouler sur cette large plate-forme. Ce boulevard, appelé « lices », servait d’ailleurs de terrain d’exercice militaire en temps de paix.

Viollet-le-Duc

Elle tombe dans un long sommeil, du fait de la construction d’une nouvelle ville aux pieds des remparts. Une grande partie de la restauration de la cité de Carcassonne revient à Viollet-le-Duc à la fin du XIXe siècle.

L’architecte trouva là un terrain propice à l’expression de son « rêve » médiéval, en altérant sans doute certains éléments; mais en sauvant l’ensemble de façon grandiose pour les générations futures.

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